Un week-end de philosophie à Strasbourg

Du vendredi 31 janvier au dimanche 2 février

Concours d’essai philosophique

Cathédrale de Strasbourg, Parlement européeen, Fondation de l’Œuvre Notre-Dame, Passerelle Mimram, etc. Dans ces lieux parfois insolites, l’association “La philosophie hors ses murs” est allée à la rencontre, en mars 2019, d’un public curieux, varié et enthousiaste.

Toujours dans le même esprit d’ouverture, l’association propose, pour l’année prochaine, la seconde édition de son Prix de l’essai philosophique. S’adressant à tous, sans distinction, ce concours offre la possibilité de rédiger un texte libre et argumentatif en réponse à une question philosophique. Le sujet retenu pour cette session sera :

Notre souci du bien-être nous rend-il malheureux ?

N’excédant pas 20000 caractères, personnel et suffisamment rigoureux, l’essai devra être envoyé, avec les coordonnées précises de l’auteur (adresse, téléphone, statut), à l’adresse suivante :

prixphilohorssesmurs@hotmail.com

Ce concours est ouvert du 3 septembre 2019 au 21 décembre 2019. Comme lors de la première édition, plusieurs prix seront décernés par un jury d’amateurs et de professionnels de la philosophie. La remise de ces prix aura lieu le 1 er février 2020, lors du “Week-end de la philosophie” qui prendra place à Strasbourg. Grâce au soutien de l’Académie des Sciences, Arts et Lettres d’Alsace, de l’Association des Membres de l’Ordre des Palmes Académiques (AMOPA) et de la Librairie Kléber de Strasbourg, chacun de ces prix sera accompagné d’une récompense. À celles et ceux qui découvrent la philosophie, à celles et ceux qui l’apprécient déjà, ce prix est donc dédié.

Question à traiter :

Notre souci du bien-être nous rend-il malheureux ?

Le concours est ouvert du 3 septembre 2019 au 21 décembre 2019.

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Programme du week-end

Toutes les conférences auront lieu au Pavillon Joséphine du vendredi 31 janvier au dimanche 2 février.

Vendredi 18H

Guillaume Morano et Pierre Dulau

Penser la technique : la réécriture cybernétique du réel

Maîtrise de la matière inanimée à son état infinitésimal, contrôle de la matière vivante à son état génétique, production d’intelligences artificielles et de chimères biotechnologiques, à la confluence de l’homme et de la machine, de l’homme et de l’animal, de l’animal et de la machine … : il ne fait à présent plus aucun doute que la technoscience contemporaine contribue à reconfigurer intégralement l’expérience que nous faisons de nous-mêmes et du monde. Face à de telles transformations, nous nous efforcerons de répondre à deux ordres de questions. Quelle est, pour commencer, la clef de cette malléabilité ontologique qui permet à la technique de confondre tous les régimes de présence ? Quelles sont, par ailleurs, les conséquences de cette défiguration technicienne de la réalité sur l’homme et son appréhension culturelle du monde ?

La conférence sera suivie d’une cérémonie d’ouverture ainsi que d’un buffet.

Samedi 10H30

Stéphanie Cordary

 Le coaching ou l’obsession de la performance

Le coaching connaît depuis plusieurs décennies une expansion notable: traditionnellement enfermé dans les salles de sport, il s’est diversifié en prenant place dans le monde de l’entreprise et plus récemment en colonisant tous les aspects de la vie personnelle. Si le coaching s’enorgueillit d’être un générateur de solutions au service de la performance personnelle, nous le prendrons au contraire comme un symptôme de l’époque: l’expression d’une détresse qui risque de se révéler trop profonde pour se laisser simplement « gérer ».

Samedi 14H00

Astrid Apse

Ni ange, ni bête : le post-humanisme ou la fabrique du crétin malheureux

“Vaincre toute maladie et toute souffrance…Tuer la mort.” Tel est le programme du post-humanisme afin de débarrasser enfin l’homme de tout ce qui fait son malheur. Mais que sera cet homme de demain? Et sera-t-il authentiquement heureux? L’homme n’est “ni ange ni bête” disait Pascal. Seulement homme. Mais alors le post-humanisme ne risque-t-il pas de nous priver à la fois de notre dimension angélique et de notre dimension animale? Ne serait-il pas la fabrique du non humain…Du crétin malheureux? Cette réflexion sera agrémentée d’une promenade au zoo de l’orangerie.

Samedi 16H

Florent Basch

Jamais le savoir n’abolira le hasard

Nous abhorrons le hasard : que ce soit par la science ou par la superstition, nous cherchons des moyens rationnels ou irrationnels de réduire au maximum l’incertitude du réel dans l’espoir de mieux contrôler le déroulement de nos vies. Mais si c’était précisément cette répugnance pour le hasard et le chaos — pourtant essentiels dans la formation de n’importe quel ordre complexe — qui était la cause de nos plus grandes erreurs ?
Nous nous proposons d’esquisser un panorama de ces erreurs rationalistes : du communisme au créationnisme en passant par l’utilitarisme et l’eugénisme, toutes ont pour point commun le désir présomptueux d’abolir le hasard au nom de la raison.

Vendredi 20H

Banquet philosophique

A l’occasion de la remise du prix de l’essai de philosophie, nous vous convions à un banquet dans la tradition grecque, accompagné de musique, de mets délicieux et de vins. Le thème retenu est “le malheur”.  Dionysos sera parmi nous et nous l’espérons Socrate. Mais il ne s’y rendra, que si nous parvenons ensemble à philosopher.

Entrée payante de 20€. L’inscription se fera en envoyant un chèque à l’ordre de la “Philosophie hors ses murs”. 

Dimanche 10H

Sylvain Pasquali

Le travail en peintures : interprétation philosophique de L’angélus de Millet et des Raboteurs de parquets de Caillebotte

Si, comme l’écrivait Simone Weil, « avilir le travail est un sacrilège », il faut penser qu’en saisir la noblesse esthétique revient à en discerner la part sacrée. C’est, semble-t-il, ce à quoi se sont essayés les deux peintres – que tout oppose en apparence – dans certaines de leurs œuvres majeures. Dès lors, le différend qui se joue discrètement sous nos yeux, qui mène des Glaneuses aux Raboteurs de parquet, ou de L’angélus aux Jardiniers, a peut-être quelque chose à nous dire du destin moderne de la relation que le travail entretient au sacré.

Dimanche 14H

Ninon Leroy

Le cannibalisme de l’oeil

Elle envahit le cinéma et les écrans de télévision. Erotique dans la figure du vampire, cauchemardesque dans la résurrection des corps disloqués des zombies, sanglante dans l’épopée d’adolescents perdus dans des forêts hantées, elle est cependant ce qui persiste à n’être ni vu ni dit dans notre société. Objet d’un véritable « cannibalisme de l’oeil », la représentation de la mort satisfait un certain appétit. Mais ainsi exhibée, costumée, fardée, en est-elle pour autant affrontée, pensée et surmontée ? Qu’arrive-t-il quand le philosophe fait face à ce tabou ultime, bien loin de tous ces artifices qui lui font finalement écran ?

Dimanche 15H45

Stéphane Clerjaud

La vitesse nous fait-elle perdre notre temps ? 

Le développement des moyens d’aller et de faire plus vite tient-il ses promesses ? Avons-nous vraiment plus de temps ? Ne souffrons-nous pas, peut-être de plus en plus, d’un manque de temps ? Il s’agira de réfléchir à cette étrangeté en examinant ce qu’est un objet technique. Ce dernier peut-il être considéré simplement en lui-même et pour ses performances ? Y a-t-il un sens à le dissocier des pratiques sociales dans lesquelles il est engagé et qu’il engage ?